Interview complète de
Dominique Lebeugle
Cupressien de naissance, Dominique a passé 40 ans dans l'informatique avant de prendre sa retraite. Une carrière qu'il a aimée : “J’ai pas vu le temps passer”, confie-t-il, “j’aurais souhaité poursuivre un petit peu pour encadrer les jeunes mais ce n’était pas le choix de la direction”.
Depuis 2020, il s’est lancé dans une initiative exemplaire : sac poubelle à la main, chasuble et gants, il nettoie chaque semaine ce qu’il appelle avec un sourire son “territoire de chasse” (plus de 2,5 km de route et de chemins).
“J’ai toujours été intéressé par ce qui touchait à l’environnement et au respect de l’habitat dans lequel on vit, particulièrement la propreté.”
Quand on lui demande ce qui l’a poussé à prendre cette initiative, il exprime une forme d'agacement : se promener en voyant des déchets lui était devenu insupportable. Avec nostalgie, il compare la situation au village de 700 âmes dans lequel il a grandi simplement : “On se déplaçait tout le temps à pied ou à vélo. [...] J’ai toujours marché ou couru à travers la campagne et c’était propre. [...] Le plastique et l’aluminium étaient peu présents dans la société et on produisait peu de déchets. Les gens produisaient une partie de leur alimentation et le restant ils allaient le chercher à la ferme ou chez les commerçants, il y avait tout ce qui fallait ici.”


Il y a 6 ans, face à l'abondance des déchets et au manque de poubelles, il tente d'élargir son action en s'adressant à la mairie à l'occasion du World Clean Up Day. Malgré une absence de réponse, il persévère et ramasse près de 50 litres par semaine. “J’ai pas capitulé, je pensais que l’idée était bonne”, dit-il avec obstination, “j’ai continué par moi-même à ramasser et essayé d’emmener deux ou trois voisins avec moi”.
Remercié plusieurs fois par les services techniques qui font de leur mieux pour endiguer la pollution, il signale aussi les dépôts sauvages à la mairie. Face à une population grandissante, la tâche est en effet imposante : l’espace de dépôt réservé aux services techniques en témoigne, avec ses deux bennes saturées, alimentées par des camionnettes entières de déchets que Veolia vient vider régulièrement, malgré tous les ramassages organisés sur la commune.
Aujourd’hui, il se dit heureux de rejoindre la brigade de nettoyage volontaire récemment mise en place aux Bucoliques. “Peu importe la personne qui va s’approprier le projet, le but était qu’il y ait une action. Et qu’on aie contribué à ça, ça me suffit. [...] Moi avant tout, c’est le village. L’élan de propreté, il faut l’enclencher et que ça perdure. [...] Rien que ça, c’est une victoire.” conclut-il.
Pour ceux qui hésitent à franchir le pas, Dominique se veut rassurant : nul besoin de s'investir à plein temps, même une aide ponctuelle compte. Il propose d’aller plus loin : organiser une chaîne WhatsApp avec des relais par quartier, sensibiliser les écoliers et les nouveaux habitants (en les enregistrant d’office et gratuitement à la décharge communale), ou encore proposer un ramassage pour les non-véhiculés. Il pense aussi à l'amont : demander à l’entreprise diligentée par la mairie de ramasser les détritus avant la tonte pour éviter qu’ils ne soient déchiquetés, et pousser la commune à installer davantage de poubelles en dur pour protéger les sacs de la faune sauvage d’office et gratuitement à la déchetterie de Bailly-Romainvilliers) ou encore proposer un ramassage pour les non-véhiculés.
“La saleté attire la saleté et la propreté attire la propreté”.
